Comment nier l’évidence ? Les pays (souvent nordiques) où le vélo est roi ont su développer un large réseau de voies cyclables, que ce soient des bandes (séparées du trafic par une ligne franchissable) ou des pistes (séparées par une ligne blanche continue ou un obstacle physique). A Lyon, où le développement des aménagements cyclables en est à ses balbutiements, il est temps de se poser la question : faut-il vraiment mailler la ville de pistes cyclables (ce qui prendra des années) ou apprendre plus simplement aux cyclistes et aux automobilistes à cohabiter ?
Certes, aucun cycliste ne militera résolument contre les pistes cyclables si elles sont bien faites, car elles reflètent une prise en compte du vélo par les autorités comme moyen de transport à part entière. Elles donnent une vraie visibilité aux cyclistes. Elles réduisent les voies réservées aux voitures. Mais les pistes cyclables ont aussi pour effet d’isoler les voitures des vélos. Or les vélos ont autant le droit à la chaussée que les voitures ! Les automobilistes doivent apprendre à vivre avec les cyclistes. Dans les zones 30 où la limitation de vitesse est respectée, cette cohabitation se fait naturellement. Même chose dans les rues étroites dotées d’un contresens cyclable. Quand l’automobiliste s’attend à tout moment à voir débouler un vélo en face, tout marquage au sol est inutile. Les deux se croisent comme dans un rêve... Alors pour ou contre la piste cyclable ? Dans ce cas, la question ne se pose même plus.
Stéphane
Contre les pistes cyclables, pour les pistes bagnolables !
Tracer des pistes cyclables, c’est construire un sanctuaire pour une espèce en voie de disparition, c’est écarter le cycliste de la route pour permettre aux voitures d’y circuler plus vite. Les pistes cyclables confortent les conducteurs de boîtes de tôle à moteur dans l’opinion que la route leur appartient.
Je propose donc d’arrêter immédiatement le développement des voies cyclables et de nous réapproprier la chaussée. Occupons les rues. Multiplions les zones 30, les chicanes, supprimons toutes les voies doubles, ainsi que les parkings qui sont des pompes à bagnoles. Roulons au milieu de la voie, reproduisons-nous activement pour augmenter notre poids face aux moteurs.
Lorsque la totalité de l’espace urbain appartiendra enfin aux cyclistes et aux piétons, nous pourrons alors envisager de construire quelques pistes bagnolables. Les pistes bagnolables étant mal conçues, elles s’arrêteront systématiquement avant chaque carrefour, sans continuité. L’automobile devra alors attendre patiemment le passage de hordes de cyclistes pour pouvoir traverser. Souvent, les vélos, devenus trop nombreux, seront stationnés sur les pistes bagnolables. Les enfants y joueront au football, rendant la progression des véhicules motorisés problématique.
Bref, la vie d’automobiliste deviendra aussi problématique que la vie de cycliste l’est aujourd’hui, mais les villes seront calmes et l’air y sera meilleur que jamais.
Je le répète : « A bas les pistes cyclables, vive les pistes bagnolables ! ».
Denis
Pourquoi ne trouve-t-on pas de vélomanes sur les pistes cyclables ?
1) Ils cherchent encore le bateau d’accès
2 Ils n’ont pas de balai pour enlever les tessons de bouteille
3) Il faut des capacités acrobatiques pour y rouler sur les voitures
4) Ils veulent laisser le peu de place sur la piste cyclable aux scooters
5) Ils veulent tourner à gauche 100 mètres plus loin
6) Avec ses 70 cm, la piste cyclable est trop étroite pour leur remorque
7) Aux nids de poule ils préfèrent le bitume lisse et nettoyé de la chaussée
8) Le dépassement sur la piste cyclable est beaucoup trop dangereux
9) La publicité de l’abribus, autour duquel on doit circuler, éblouit trop fortement
10) Les piétons y vont
11) La police l’a recommandé
12) Les potelets sont peu visibles dans l’obscurité
13) La piste cyclable s’arrête tout à coup cent mètres plus loin
14) Ils devraient traverser la route pour y arriver, mais où ?
15) C’est un chantier, pas une piste cyclable
Pourquoi les pistes cyclables sont dangereuses ?
a) La sectorisation de la route entre chaussée et piste a pour conséquence que le vélo "disparaît".
b) Or cette séparation physique prend fin à chaque croisement, entrée de cour, passage piéton, arrêt d’autobus... et les accidents graves se produisent justement à ces endroits.
c) Elles augmentent aussi le danger sur les artères sans pistes : plus on réalise de pistes spéciales pour les cyclistes, plus un cycliste sur la chaussée est ressenti comme un intrus.
d) Elles induisent un comportement dangereux comme l’utilisation du faux bas-côté, la circulation sur les trottoirs ou sans lumière.
e) Les pistes cyclables procurent un faux sentiment de sécurité, particulièrement chez des cyclistes inexpérimentés, plus vulnérables.
Umberto Eco l’a dit : Tout problème complexe a une solution simple : la mauvaise !
Nicolas
Pistes cyclables : bonnes et mauvaises pratiques
Les plus appréciées :
* les futurs quais du Rhône, de Gerland à la Doua, puis Vaulx-en-Velin et Miribel-Jonage : cet itinéraire à la fois de loisir et de déplacement permettra de longs trajets agréables ;
* sur le cours Gambetta, la possibilité d’emprunter le couloir de bus à contresens de la circulation est une pratique à généraliser ;
* à noter : une piste en contresens à Villeurbanne, un premier pas vers la généralisation des contresens cyclables.
* la longue piste du quai Pierre Scize de St Paul au CNSMD aurait pu être un bon exemple si les décrochages dûs aux arrêts de bus ne provoquaient pas des croisements dangereux entre les cyclistes. Sur un axe qui n’est pas classé zone 30 et sur lesquels les cyclistes veulent circuler rapidement, une piste est un aménagement adapté ;
* une nouvelle piste à Neuville, rive gauche, ravira les familles. En terre compressée, elle permet l’infitration des eaux de pluie ;
Celles dont on se serait passé :
* la rue de la Part-Dieu, dangereuse et inefficace : intersections fréquentes, plots en fontes en pleine voie, feuilles mortes mouillées... alors que sur une route au trafic tranquille, l’insertion dans la circulation était parfaitement possible !
* la piste avenue Jean Jaurès, au sud de Jean Macé : sur le trottoir, offerte aux portières qui s’ouvrent, envoyant le cycliste droit dans les bouches de métro et délimitée par une ligne de carrelage bleu marine chère et casse-gueule.
Olivier